Hippolin s'amuse

« Hippolin, tu t’éloignes trop ! » s’écrie Juju sa maman.
Mais Hippolin, un joli poulain tacheté blanc et marron, continue de brouter l’herbe au fond du pré sans relever la tête.
L’herbe est tellement fraîche dans ce coin à l’écart où les grands chevaux ne sont pas encore allés brouter que le poulain se régale.
C’est une belle journée ensoleillée de printemps et Hippolin se sent libre et heureux.
Quelle chance de pouvoir vivre dans cette région du sud de la France où le soleil brille la plupart du temps !

La jument insiste :
« Veux-tu bien revenir près de nous, s’il te plaît ! »
Le poulain bien rassasié finit par obéir.
Il se rapproche et retrouve alors ses parents Val et Juju ainsi que ses cousines Hippolette à la robe toute blanche et Polina qui a une robe marron.
Les deux cousines vivent avec eux.

« Viens t’amuser avec nous ! lui dit alors Polina, Hippolette et moi étions en train de sauter ce petit tronc d’arbre à tour de rôle.
- D’accord, répond Hippolin, mais alors jouons à le sauter de plus en plus haut pour voir qui va gagner ! »
Les pouliches laissent sauter Hippolin puis sautent à nouveau à leur tour.
Le jeu dure longtemps car les trois cousins sont toujours à égalité.
Fatigués, ils décident alors d’abandonner le jeu et se déclarent tous les trois vainqueurs ex aequo.

Après avoir regardé en direction du pré voisin, Hippolin demande à sa maman : « Dis, maman, Monette et Roney sont sortis, est-ce que nous pouvons aller les voir ?
- Oui, vous pouvez y aller à condition que vous n’y restiez pas trop longtemps, répond la jument.
- Chic ! » répondent en chœur Hippolin et ses cousines.
Dans le pâturage d’à côté, Monette la jeune ponette et Roney le jeune poney, les attendent déjà devant la clôture.
Tous les cinq ont l’habitude de se voir car une amitié s’est créée entre eux.
Ils aiment bien discuter ensemble pendant de longs moments.

Les trois cousins vont à leur rencontre au trot.
Pendant la conversation, ils apprennent qu’une nouvelle pouliche va bientôt arriver avec ses parents dans le pré où ils vivent.
« Super, nous allons avoir une nouvelle copine ! » s’exclame joyeusement Hippolette.
- Oui, et nous pourrons jouer deux par deux, dit Polina.
- Et faire aussi un grand concours de course au galop ! poursuit Hippolin tout exalté.
- Vous avez de la chance, leur fait remarquer Monette, Roney et moi sommes les deux seuls jeunes dans notre pré. »

Soudain, ils entendent un hennissement.
C’est papa Val qui rappelle Hippolin et ses cousines, il est temps qu’ils reviennent auprès du couple.
Les trois cousins rejoignent Val et Juju laissant leurs deux amis qui repartent gambader sur leur terrain.
Et en effet, quelques jours plus tard, une pouliche brune avec une longue et belle crinière claire arrive avec ses parents dans le pré où vivent Hippolin et ses cousines.
Hippolette et Polina sont les premières à aller à sa rencontre.
Hippolin les observe un peu à l’écart.

Les pouliches se présentent et se frottent à elle.
C’est leur façon de souhaiter la bienvenue à la nouvelle arrivée. Hippolin, moins expansif, arrive à petits pas et préfère la saluer par un doux hennissement.
« Voici Pulchérie, indique Hippolette au poulain.
- Tu vas rester longtemps ? demande-t-il à cette nouvelle camarade de jeu.
- Je vais vivre ici avec mes parents jusqu’à l’hiver.
- Super, nous allons pouvoir bien jouer ensemble.
- Oui et nous te présenterons Monette et Roney, ce sont nos deux amis de la prairie d’à côté, nous avons de longues discussions avec eux, ajoute Polina.
- D’accord, je sens que je vais bien m’amuser avec vous tous »

Les quatre amis expriment leur joie en se roulant dans l’herbe puis Pulchérie se relève et se précipite vers ses parents, impatiente de leur faire part de sa satisfaction d’avoir pu trouver des camarades de jeu.
Les trois cousins se mettent ensuite à batifoler joyeusement en faisant des bonds et quelques petites ruades pour faire claquer leurs sabots. Bientôt, ils folâtreront tous les quatre dans le pré.
Ils se fabriqueront ainsi de jolis souvenirs d’enfance qu’ils garderont dans leur cœur lorsqu’ils auront bien grandi.

Fin

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