Une enfance en rouge et or Vol. 3

ENFIN LES GRANDES VACANCES ! Ces deux derniers mois de scolarité avaient donc paru très longs à Anna. De plus, ses parents s’étaient progressivement et méticuleusement occupés de la préparation de leur mission à l’étranger. Ils s’étaient mis à plusieurs reprises en contact avec leurs collègues établis depuis longtemps sur place, en Roumanie. Ils avaient rempli de nombreux dossiers et passé une grande partie de leur temps sur leur ordinateur. Entre les consultations médicales à l’hôpital en semaine et les préparatifs du départ pendant les week-ends, la fillette commençait à appréhender leur prochaine longue absence. Elle se consolait en pensant qu’Anton allait bientôt être de retour. Les grandes vacances enfin là, les parents ne devaient rester qu’une seule journée après l’arrivée du petit garçon. Puis ce serait l’envol pour leur mission médicale d’une durée de huit semaines. Leur retour était normalement prévu pour la prochaine rentrée scolaire.

Anton revint donc, pour un troisième séjour, bien plus long cette fois, dans la famille d’Anna au tout début juillet. Il était maintenant habitué aux personnes qu’il retrouvait et aux lieux qui l’entouraient. À son arrivée, son comportement semblait encore différent de celui adopté précédemment. Il paraissait plus avenant et vraiment heureux de retrouver sa famille d’accueil roussillonnaise. Il dormit une seule nuit chez Anna et le lendemain en début d’après-midi, toute la maisonnée partit comme prévu en direction de la spacieuse maison des grands-parents érigée dans la vallée du Conflent. Le coffre de la voiture était pleinement chargé, en dehors des valises, de jeux, de jouets et d’un petit stock alimentaire des denrées préférées des enfants. Bref, tout le nécessaire pour passer les meilleures vacances possibles !

De leur côté, les grands-parents étaient très contents de les accueillir durant la totalité des vacances. Nanette adorait Anna, leur seul petit-enfant, qui avait le même prénom qu’elle. Cette similarité la comblait de bonheur et de fierté. Papy Germain aussi était heureux même s’il était beaucoup moins démonstratif que son épouse. Moins sujet à exposer ses émotions, il ressentait tout autant les sentiments. L’été, pour lui, était synonyme de vie à l’extérieur et s’épanchait davantage dans ses moments-là. Il se montrait plus enclin à exprimer ce sentiment de bien-être. La fillette le savait bien. Ils avaient en commun l’amour de la nature. Ils se comprenaient. Que d’espaces de jeux elle allait enfin pouvoir partager cet été dans leur propriété !

Depuis toute petite, lorsqu’elle était chez ses grands-parents, elle allait en leur compagnie nourrir les animaux dans leurs enclos, ainsi que récolter les fruits et les légumes qu’ils avaient plantés. Le couple aimait bien aussi faire des promenades dont elle connaissait le parcours habituel. Ils longeaient d’abord l’étroite route départementale jouxtant l’entrée de la propriété. Après, ils bifurquaient vers des chemins de traverse donnant sur des champs souvent abandonnés. Ils rapportaient, suivant les saisons, des petits cadeaux de la nature. Ce pouvait être de jolies fleurs des champs, de la bruyère, mais aussi du houx vers Noël, des asperges au printemps, des champignons ou des marrons tombées des arbres qu’il suffisait de ramasser, en automne.

La voiture se gara dans l’allée. Nanette, qui s’impatientait déjà depuis un moment, trépigna de joie lorsqu’elle entendit la voiture. Papy Germain, qui guettait aussi leur arrivée tout en jouant avec Belle, la chienne de la maison, les rejoignit. Tandis qu’il descendait tranquillement l’allée à leur rencontre, la grand-mère, s’étant subitement ruée hors de la maison, gesticulait, impatiente. «  Les voici enfin !  » s’écria-t-elle.

Les parents sortirent les premiers du véhicule et ouvrirent les portières aux enfants. Anna, une fois libérée de sa ceinture de sécurité, descendit aussitôt. Elle se précipita vers son grand-père et l’embrassa avant tout le monde. Anton, qui était assis à son côté, avait fini par s’endormir, bercé par les balancements du véhicule. La petite route menant à la propriété se montrait assez sinueuse sur la fin. Il fut donc doucement réveillé par les parents. La petite ayant déjà filé rejoindre Nanette, Papy Germain se posta à côté de la voiture pour assister à la scène. La maman détacha l’enfant de son harnais de sécurité puis le père, après l’avoir lentement extirpé du véhicule, le prit dans ses bras, encore à demi ensommeillé. Anton mit un peu de temps à émerger de son état et à réagir.

«  Bonjour papa ! lui lança Hélène. Il n’a pas dû assez récupérer cette nuit après son long voyage, ajouta-t-elle en s’approchant de son père pour l’embrasser. - Bonjour ma fille ! répondit le grand-père en l’étreignant. - Bonjour Germain ! dit le papa tenant toujours le garçonnet dans ses bras. - Bonjour Patrice ! Bonjour et bienvenue à toi ! » dit-il à la suite à l’adresse d’Anton qui esquissa un léger sourire. Le père, relâchant le petit garçon qui, à présent bien réveillé, préférait marcher, demanda l’aide du grand-père pour commencer à décharger le coffre de la voiture. Pendant ce temps, la maman et Anna, rejointes par Anton, discutaient déjà avec Nanette. Les deux hommes revinrent du véhicule chargés d’une partie des bagages.

«  Eh bien ! Le coffre est un magasin à lui tout seul ! Tant de bagages pour deux petits bouts ! s’exclama le grand-père sur le ton de la plaisanterie tout en regardant les enfants. - Vous terminerez tout à l’heure, il fait très chaud, vous allez d’abord boire quelque chose !  ordonna Nanette. - Oh, bonne idée !  » lança le papa en s’asseyant à la table du salon de jardin installé à l’ombre de la jolie tonnelle. La maman et les enfants, restés debout jusqu’alors, l’imitèrent. Nanette avait déjà filé à la cuisine prendre des boissons dans le réfrigérateur tandis que Papy Germain, lui ayant emboîté le pas, ressortait rapidement en apportant le plateau et les verres. «  À votre santé ! s’exclama le grand-père levant son verre une fois tout le monde servi.

- Bon séjour chez nous, Anna et Anton, et courage à vous, Hélène et Patrice, pour votre mission !  »  s’écria Nanette levant aussi son verre. Une fois tous les sacs restants rentrés et les enfants bien installés dans leur chambre respective, la séparation se fit non sans larmes. Acceptant avec résignation le départ de ses parents, Anna finit par lâcher son étreinte. Elle leur avait rendu la tâche un peu plus difficile en restant accrochée un long moment au cou de sa mère. Bien sûr, elle était heureuse de rester chez Papy et Nanette avec Anton, mais n’avait pas du tout envie d’être séparée de ses parents durant tout l’été. Les parents finirent donc par prendre le chemin du retour. Ils redescendirent en plaine du Roussillon vers leur maison. Leur départ à l’étranger était à présent imminent.

UN ÉTÉ FORMIDABLE «  Allez les enfants, debout !  » héla Nanette du couloir menant aux chambres juxtaposées où Anna et Anton étaient installés. Elle entra d’abord dans celle d’Anna. La fillette, ouvrant les yeux avec peine, lui demanda : - Quelle heure est-il, Nanette ? - Déjà neuf heures ! répondit sa grand-mère. - Ah ! Et Anton , il est déjà réveillé ? - Je ne l’ai pas encore entendu, je vais aller voir, dit-elle tout en fermant complètement vitres et volets de la chambre pour lui conserver une certaine fraîcheur durant la journée.

La voix d’Anton parvint au même moment de la chambre mitoyenne : - Anna ! - Viens, Anton ! lui cria-t-elle. Le garçonnet se montra à l’embrasure de la porte. - Alors mon grand, tu as bien dormi ? lui demanda Nanette. - Oui, répondit doucement l’enfant encore un peu engourdi, tout en se frottant les yeux. - Allez, tous les deux, venez vite prendre le petit déjeuner avant qu’il ne soit trop tard ! leur somma-t-elle. - Nous arrivons tout de suite, Nanette  », conclut la fillette.

Le petit déjeuner pris sous la tonnelle, le grand-père pressa les enfants d’aller se laver et s’habiller afin qu’ils viennent avec lui s’occuper des animaux de la basse-cour. La chienne Belle, une épagneule au poil blanc et roux, blottie à côté de son maître, attendait avec impatience qu’il se lève pour le suivre. Tiky, le chat de la maison, avait osé une approche. De nature indépendante, il se montrait rarement lorsqu’il y avait du monde à la maison. Belle et lui jouaient souvent ensemble car les grands-parents les avaient habitués l’un à l’autre depuis qu’ils étaient petits. La troupe, menée par Papy Germain, talonné par Belle, elle-même suivie d’Anna et Anton, puis Tiky qui fermait la marche, partit pour une tournée de distribution de nourriture et d’eau à la basse-cour. Comme il était amusant de voir la longue queue rousse en panache de Tiky s’agitant en bout de file ! Elle paraissait signaler la fin du convoi.

Papy Germain et Nanette possédaient à l’arrière de la maison des enclos qu’ils avaient aménagés pour leurs animaux de basse-cour. Anton n’avait encore jamais eu l’occasion de les parcourir. Le groupe s’arrêta d’abord au petit enclos recouvert d’un grillage assez haut pour pouvoir s’y tenir debout. Là, vivaient ensemble une lapine et deux femelles cochon d’Inde à qui le grand-père avait fabriqué trois maisonnettes côte à côte. Elles pouvaient s’y réfugier par mauvais temps ou simplement pour rester à l’ombre. Le grillage au-dessus protégeait entièrement les deux cobayes d’un éventuel prédateur venu du ciel. Il n’était pas rare, en effet, de voir planer dans le ciel du Conflent certains rapaces imposants. Ces derniers se nourrissaient habituellement de tout petits rongeurs, mais cette protection supplémentaire sécurisait Nanette.

Le grand-père ouvrit le portail, attrapa la lapine et demanda à Anton de la tenir dans ses bras. L’enfant recula. Il n’avait auparavant jamais eu affaire à des lapins ou à des cochons d’Inde. Anna se mit à rire et lui dit : «  Ne crains rien, elle est si gentille, garde-la le temps que Papy remette de la paille ! Le garçon, flanqué malgré lui de la lapine, ne parut pas convaincu et Anna dut lui prendre la bête des bras avant qu’elle ne s’échappe. Il observa un moment l’animal qui remuait sans cesse la mâchoire. Il finit tout de même par abandonner son appréhension et lui caressa le dos. Il se mit alors à sourire en sentant cette douceur si soyeuse.

- Tu vois bien comme elle est douce, lui dit Anna, elle s’appelle Blanchette car elle est toute blanche ; c’est moi qui ai donné un nom à tous les animaux de la basse-cour, lui fit-elle remarquer fièrement ; et pour les deux cochons d’Inde, la plus claire c’est Pâquerette et la plus foncée c’est Paprika.  » Le grand-père esquissa un sourire en entendant sa petite-fille. Il finit d’ajuster la paille, remit des graines, remplit l’abreuvoir d’eau et, prenant la lapine des bras d’Anna, la remit dans l’enclos. Il demanda ensuite aux enfants s’ils voulaient aussi caresser Pâquerette et Paprika. Cette fois-ci, Anton accepta et se vit aussitôt proposé de porter Paprika tandis qu’Anna prenait Pâquerette. «  Tu sais, dit le grand-père à l’intention d’Anton, ces animaux-là sont herbivores, ils ne mangent que de l’herbe et des graines, tu ne risques donc absolument rien.

Le garçonnet détourna soudain son regard en entendant un bruit étrange. Il regarda Anna en fronçant légèrement les sourcils. À nouveau, la fillette pouffa. - Mais ne t’inquiète donc pas ! lui dit-elle, voulant le rassurer, il s’agit de Canaille et Oisine qui nous ont entendus ; ce sont les oies de Nanette, tu sais ce que c’est que des oies ? l’interrogea-t-elle sur le ton du savoir. - Des oiseaux ? se risqua-t-il de répondre timidement. - Oui, mais elles, elles ne s’envolent pas !  » Cette brève réponse de la fillette laissa son ami dans le doute. Ils remirent les rongeurs dans leur parc dont le grand-père referma soigneusement le portail. Ils avancèrent, tournèrent au fond de l’allée et arrivèrent tout près de celui des volatiles.

Anna raconta à Anton que Canaille et Oisine, des oies de ferme, avaient été gagnées par Nanette à la foire mais que, ni elle ni Papy, ne pourraient se résoudre un jour à les manger. Elles vivaient donc, comme Blanchette, Pâquerette et Paprika en semi-liberté dans leur enclos, très spacieux. Ils s’en approchèrent tous les trois car Belle et Tiky étaient restés à l’écart. Autant la chienne et le chat s’entendaient bien, autant les oies montraient envers eux une certaine hostilité. Lorsqu’elles les voyaient s’approcher du grillage, elles se mettaient à cacarder fortement leur faisant face, menaçantes. Comme pour les rongeurs, les oies possédaient leur abri grâce au savoir-faire du grand-père. Aidé de Nanette, il avait fabriqué une grande cabane commune aux deux palmipèdes car elles se suivaient et restaient toujours ensemble.

Anna et son grand-père pénétrèrent dans leur enclos, Anton préférant les attendre derrière le portail. La fillette fanfaronna un peu : «  N’aie pas peur ! Elles sont habituées à ce que l’on entre chez elles. Regarde comme elles sont gentilles ! En plus, elles ont les plumes toutes douces, ajouta-t-elle en les caressant. - Cesse donc de l’embêter, Anna ! Je suis certain que d’ici la fin de l’été, il sera le premier à demander à aller s’en occuper, rétorqua Papy.

Anton regardait Canaille et Oisine, à la fois intrigué par leurs pattes palmées et amusé par leur démarche dandinante, tandis qu’Anna entrait dans la cabane pour aider son grand-père à leur renouveler la litière. Elle en ressortit avec une longue plume toute blanche qu’elle offrit au garçonnet en sortant. - Tiens, c’est pour toi, garde-la bien ! Moi je peux en prendre quand je veux, dit-elle, raillant un peu son ami. - Merci ! » chuchota-t-il avec un petit sourire sur les lèvres, contemplant la plume comme s’il s’était vu offrir un objet précieux.

Une fois tout remis en ordre chez les oies, ils se dirigèrent du côté des poules pondeuses. «  Nous allons regarder si ces demoiselles ont bien pondu, suggéra Papy. - Là, tu peux entrer, tu as déjà vu des poules en vrai, quand même ! dit la fillette s’adressant à Anton. - Ben… non ! répondit-il un peu gêné. - Arrête, Anna, tu l’embarrasses ! gronda cette fois-ci son grand-père. S’il n’a jamais pu en voir ailleurs que sur les livres ou à la télévision, il est normal qu’il soit un peu réticent à les approcher. Il n’a pas, comme toi, la chance d’avoir des grands-parents qui vivent à la campagne ! - D’accord Papy ! s’inclina-t-elle.

Elle prit alors le garçon par les épaules et, tout doucement, lui expliqua que les poules, comme les oies, étaient habituées à leur présence, qu’elles n’attaquaient pas et même qu’elles n’avaient pas de dents pour mordre. La voix d’Anna se voulait rassurante. Le garçon l’écoutait attentivement, en essayant de tout comprendre, comme si elle lui donnait une leçon de Sciences et Vie de la Terre. Elle poursuivit : - Les poules pondent des œufs, même s’il n’y a pas de coq avec elles. Regarde celles de Papy et Nanette ! Voici Cocotte, la plus claire, ici c’est Roussette, la plus rousse et celle qui arrive, c’est Cosette, la plus foncée ! Le garçon les détaillait du regard au fur et à mesure de leur description. Anna le prit ensuite par la main et le tira à l’intérieur. Il se laissa faire mais, une fois dans l’enclos, resta figé n’osant plus bouger.

- Viens donc, elles ont dû pondre ! lui lança Anna en entrant dans leur cabane. L’enfant, voyant les poules se mettre à picorer çà et là indifférentes à sa présence, se décida à avancer. Le poulailler était bien aménagé : abreuvoir, bac à sable, perchoirs. Comme pour les autres animaux, rien ne manquait à leur confort. Anna montra les œufs au garçonnet. Le grand-père, jetant un coup d’œil sur le butin de sa petite-fille, déclara : - Bon, trois œufs, c’est parfait ! Avec les cinq qu’il nous reste dans le réfrigérateur, cela fait un bon compte pour nous quatre, nous allons nous régaler de ces œufs frais !

- Super ! tu vas voir, Anton, les œufs de ces poules sont délicieux ! renchérit Anna. Le petit, comme à l’accoutumée, se contenta d’esquisser un sourire de contentement. Papy regarda sa montre et dit aux enfants : - Eh bien, il est déjà presque midi ! Allons les enfants ! Nous pouvons rentrer maintenant, la tournée est terminée, les animaux ont tout ce dont ils ont besoin.  »

Il faut dire que les grands-parents de la fillette avaient ingénieusement conçu leur basse-cour. Tous deux avaient d’abord pris soin d’en élaborer soigneusement les plans. Cette conception leur permit par la suite d’accéder facilement aux enclos et d’alléger leur labeur. Les animaux vivaient ainsi non confinés, en semi-liberté dans un terrain spacieux. Ils pouvaient facilement se réfugier dans leurs cabanes confortables. Les deux adultes avaient aussi prévu, près de chaque parc, un point d’eau. Il leur suffisait donc d’actionner le robinet et, à l’aide de tuyaux, pouvaient ainsi remplir facilement les abreuvoirs ou nettoyer les habitats. À chaque entrée d’enclos, ils avaient fabriqué un cabanon leur permettant de stocker paille, sable, graines, qu’ils allaient acheter à la coopérative agricole une fois par mois seulement. La fillette adorait, comme ses grands-parents, passer du temps à la basse-cour donnant vie, dans ce lieu isolé, à la propriété.

Au retour, le garçon, beaucoup plus détendu qu’à l’aller, se mit à contempler le paysage autour de lui, sans s’arrêter de marcher. Il vivait toute l’année dans un centre pour enfants privés pour un temps ou pour toujours de lien familial. Il n’avait habituellement, pour cadre de vie extérieur, que le jardin d’enfants y attenant. Il se sentit soudain submergé par un sentiment de liberté face à ce qui lui parut l’immensité de cet espace de vie. Il aperçut progressivement alentour le verger, le potager ainsi que de nombreux arbres et plantes d’ornement. «  Ça va, Anton ? lui demanda Anna le voyant se tourner dans tous les sens et trébuchant parfois faute d’inattention. Elle le sortit de sa rêverie et le garçon, avec le charme de son accent prononcé, finit par articuler deux mots : - Très joli !  » Anna se contenta de lui faire un large sourire approbateur.

Fin

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